Mathilde
originaire de Plouarzel et installée à Brest, est investie dans la culture bretonne depuis son enfance. C’est par le biais d’une amie qu’elle a découvert la danse bretonne et s’y est initiée avec enthousiasme. Influencée dès son plus jeune âge par son environnement familial, où la transmission des traditions tenait une place importante, elle a été particulièrement marquée en découvrant une photo miniature du mariage de son arrière-grand-mère. Ce qui attira immédiatement son attention fut le tablier perlé, un élément rare dans le Léon, éveillant en elle une admiration profonde pour les costumes anciens et l’inspirant à reconstituer le costume de mariée porté en 1930 à Plougonvelin par son arrière-grand-mère paternelle.
Faute de disposer des pièces d’origine, elle a entrepris, avec l’aide de sa marraine et du brodeur David Le Gac, une minutieuse recréation du tablier perlé, s’appuyant sur la photographie et les souvenirs des sœurs de son grand-père. Ni elle ni sa marraine n’avaient jamais brodé auparavant, ce qui a rendu le projet encore plus ambitieux. Le costume se compose d’un chemisier en satin noir confectionné par sa marraine, d’une jupe noire, d’un châle en cachemire et d’un tablier en satin duchesse crème ornementé de perles. La coiffe, connue sous le nom de « choukenn » ou « penn paket », est brodée et constitue un élément emblématique de la tenue. La confection de ce tablier a demandé 230 heures de travail, révélant une profonde dévotion au patrimoine et au savoir-faire traditionnel. Si certaines pièces ont été confectionnées, d’autres proviennent de son cercle, renforçant l’authenticité de l’ensemble.
Engagée dans la culture bretonne bien au-delà du costume, Mathilde pratique la danse bretonne depuis l’âge de cinq ans. Elle s’investit activement dans le cercle celtique Beg An Douar de Saint-Renan et a également dansé au sein du cercle Boked er Lann de Larmor-Plage. Couronnée reine du festival du Léon en 2022, elle considère cette élection comme une opportunité unique de promouvoir la richesse et la diversité de son terroir.
Mathilde est secrétaire du cercle celtique Beg An Douar et en assure également la co-chorégraphie. En parallèle, elle occupe le poste de trésorière au sein de l’association Rouanez. Pour elle, la danse bretonne est bien plus qu’une simple pratique artistique : elle incarne un espace d’expression, de partage et d’affirmation personnelle. Elle apprécie tout particulièrement l’ambiance chaleureuse de son cercle, où des danseurs aux parcours et âges variés se retrouvent unis par une même passion. Sa préférence va à la suite Loudéac, une danse qu’elle affectionne particulièrement.
Parallèlement à sa pratique, Mathilde a approfondi sa réflexion sur l’histoire de la danse bretonne en réalisant une étude sur son évolution de 1890 à nos jours. Convaincue de l’importance de valoriser son patrimoine, elle aspire à devenir une ambassadrice engagée de cette culture vivante. Si elle ne pratique ni le chant ni la musique, elle reste attachée aux traditions et au partage intergénérationnel, tout en ayant acquis quelques notions de breton.