Rationnement… Fiction inspirée de l’histoire.
Marie
est née en région parisienne, mais se dit originaire de Pont-l’Abbé, puisqu’elle y habite depuis toute petite. Elle revendique son identité bigoudène et bretonne. Diplômée d’un master 2 en droit maritime, Marie demeure officiellement à Pont-l’Abbé et officieusement à Elliant. Marie a été reine des brodeuses en 2022 et première demoiselle de la reine de Cornouaille. Elle s’apprête à se marier en septembre 2024 en costume breton pour son mariage civil.
Marie préfère le terme de vêtement à celui de costume puisqu’il ne s’agit pas d’un déguisement mais d’un véritable vêtement que les gens portaient. Elle porte donc ici un vêtement de mariage du pays bigouden, des années 1940.
Ce dernier est composé d’un authentique gilet brodé au fil de soie jaune, qui a "bien vécu". On y retrouve les motifs traditionnels bigoudens, comme la plume de paon ou le bélier. Marie porte également une jupe brodée au coton perlé et un tablier en satin, également brodé au coton perlé. Elle a agrémenté le gilet d’un bouillon ou ruban de satin de 2,5 cm de large, qu’on pouvait retrouver sur les photos anciennes de ces années-là. Les femmes aimaient beaucoup ajouter toujours plus de frou-frou, plumes de cygnes, ruban de satin, biais blanc pour souligner l’encolure… Marie porte seulement un pendentif; selon elle, cela est suffisant compte tenu du fait que le tablier et la jupe sont perlés. Marie arbore la « grande coiffe ». Elle précise qu’une légende urbaine relie le port de cette grande coiffe à la révolte des bonnets rouges. Comme des clochers auraient été abattus, ces grandes coiffes leurs rendraient hommage. Il n’en est rien, la vraie raison est que « les femmes voulaient toujours plus de broderies que leurs voisines ». De grands motifs sont arrivés et la coiffe s’est agrandi au fur et à mesure. « Plus les coiffes sont grandes, plus elles sont récentes. » Marie porte également une cocarde au niveau de l’oreille gauche, c’est un attribut typique du mariage du pays bigouden comme l’est le diadème. En pays bigouden, le diadème a été porté très tard, contrairement à d’autres régions qui l’ont abandonné plus rapidement.
Le vêtement dont Marie est la propriétaire est, selon elle, « hybride » puisque le gilet, le diadème et la coiffe sont des originaux alors que tout le reste est une reconstitution.
Ce qui plait tout particulièrement à Marie dans ce vêtement c’est sa couleur. « Tout le monde s’émerveille devant les broderies bigoudènes » et Marie elle-même s’émerveille toujours autant alors qu’elle côtoie ce costume depuis des années.
Marie identifie son premier intérêt pour le milieu breton au défilé des brodeuses à Pont-l’Abbé. Elle a alors dit à sa mère qu’elle « voulait être habillée comme les gens beaux ». Ainsi depuis 2006, elle fait partie du cercle de Pont-l’Abbé et sa mère s’est mise à la broderie.
Faire partie de ce cercle signifie pour Marie de vivre l’esprit du collectif, d’apprendre sur les costumes, de côtoyer l’univers de la danse. Marie évoque le partage d’une passion. « Etant donné le temps que ça nous prend, c’est au-delà d’un loisir, c’est un mode de vie. »
Marie chante dans le cercle pour animer les chants dans la ronde, son air préféré parle de fileuses de laine. Après 7 ans de clarinette classique, elle s’est mise à la clarinette en breton mais craint de se produire en public.
Marie et son fiancé Edouard sont tellement pris dans la culture bretonne et cela est tellement important pour eux, qu’ils ont eu l’idée de se marier en costumes bretons. Cela montre leur attachement à cette culture !
Novembre 2023